grotesque


grotesque

grotesque [ grɔtɛsk ] n. et adj.
• 1532; it. grottesca, de grotta « grotte » grotte
I N. m. ou f. pl. Arts
1Ornements fantastiques découverts aux XVe et XVIe s. dans les ruines des monuments antiques italiens (appelées grottes). — Par ext. Les grotesques de Raphaël, à l'imitation des grotesques antiques.
2Figures fantasques, caricaturales. Peintre de grotesques. « des grotesques et des fantaisies d'ornement qui dépassent ce que les monstres du Japon et les magots de la Chine ont de plus extravagant et de plus curieusement difforme » (Gautier).
II(XVIIe) Cour.
1 Adj. Risible par son apparence bizarre, caricaturale. burlesque, extravagant. Personnage, figure, allure grotesque. Accoutrement, scène grotesque.
Par ext. Qui prête à rire par l'excès, l'aspect caricatural. ridicule. Une histoire banale et grotesque. Une remarque grotesque. C'est grotesque ! « Cela frise le mélo, maintenant. Je me sens grotesque » (Anouilh).
2 N. m. Ce qui est grotesque, le genre grotesque. Il est d'un grotesque achevé.
Arts, littérature Le comique de caricature poussé jusqu'au fantastique, à l'irréel. « le grotesque est, selon nous, la plus riche source que la nature puisse offrir à l'art » (Hugo).
⊗ CONTR. (de II) Ordinaire; sérieux. Émouvant.

grotesque adjectif (italien grottesca, de grotta, grotte) Qui fait rire par son apparence bizarre : Un nez grotesque. Qui est ridicule, absurde : Tu es grotesque de vouloir toujours avoir raison.grotesque (homonymes) adjectif (italien grottesca, de grotta, grotte) grotesques nom féminin plurielgrotesque (synonymes) adjectif (italien grottesca, de grotta, grotte) Qui fait rire par son apparence bizarre
Synonymes :
- funambulesque (littéraire)
Qui est ridicule, absurde
Synonymes :
grotesque nom Personne qui fait rire par son apparence bizarre. ● grotesque nom masculin Caractère grotesque : C'est d'un grotesque cette histoire ! Genre littéraire et artistique caractérisé par le goût du bizarre, du bouffon et de la caricature. ● grotesque (homonymes) nom masculin grotesques nom féminin pluriel

grotesque
n. et adj.
d1./d n. f. pl. Figures bizarres, fantastiques. Les grotesques de Callot.
d2./d adj. Ridicule, bizarre, extravagant. Costume grotesque.
|| n. m. Genre grotesque, burlesque. Mêler le grotesque au sublime.

⇒GROTESQUE, adj. et subst.
A. — BEAUX-ARTS
1. Subst. masc. ou fém. (le plus souvent au plur.)
a) Ornement (dessin, peinture ou sculpture) des monuments antiques mis au jour en Italie par les fouilles de la Renaissance et représentant des sujets fantastiques, des compositions capricieuses figurant des personnages, des animaux, des plantes étranges :
1. L'Italie elle-même développa un élément décoratif entièrement nouveau : autour de 1480, les fouilles partielles de la Domus Aurea de Néron révélèrent pour la première fois la peinture murale antique et la décoration en stuc. Et comme on les découvrit sous les ruines, pour ainsi dire dans des grottes, on appela « grotesques » ces décorations.
Encyclop. univ. t. 12, 1972, p. 236.
En partic. Imitation de ce type ornemental. Les grotesques de Raphaël (ROB.).
b) P. ext. Dessin, peinture ou sculpture représentant des formes, des personnages bizarres. Cette génération d'artistes qui s'arrangent eux-mêmes en croquis, en grotesques, en caricatures. Les uns portent des moustaches effroyables (CHATEAUBR., Mém., 1848, p. 196). Costumées comme les grotesques de Callot (GONCOURT, Journal, 1856, p. 287) :
2. ... des files de grotesques se succédaient, à chaque étage [de l'église], en de larges frises, des grotesques réparés et même complètement refaits, mais très habilement, par un artiste ayant eu vraiment le sens du Moyen Âge.
HUYSMANS, Oblat, t. 1, 1903, p. 136.
P. métaph. Il écrivait une page fourmillant de grotesques terribles, de succubes, de larves à la Goya (HUYSMANS, Marthe, 1876, p. 50).
2. Adjectif
a) [En parlant d'un inaminé abstr.] Qui appartient à ce type ornemental. Cet étranger qui s'écartait du style ampoulé à la mode alors, pour inaugurer le genre grotesque (MÉNARD, Hist. B.-A., 1882, p. 229).
b) [En parlant d'un inanimé concr.] Qui offre ce type ornemental. Figures, ornements grotesques. Dans la grande salle qui précède, il y a des boiseries grotesques représentant des métiers, des masques, des dominos, tout un carnaval en bois (MICHELET, Journal, 1838, p. 269).
B. — P. anal.
1. [L'idée dominante est celle de bizarrerie, d'extravagance]
a) Adj. Qui prête à rire par son côté invraisemblable, excentrique ou extravagant. Synon. bouffon, burlesque, caricatural, cocasse, risible. Ce Scaramouche faisant la parade et se déhanchant en poses grotesques sur des tréteaux que supportent des barriques (GAUTIER, Guide Louvre, 1872, p. 153). Les silhouettes grotesques des petits bourgeois (MAUCLAIR, Maîtres impressionn., 1923, p. 171). L'immense phonographe au grotesque pavillon écarlate (BERNANOS, Mouchette, 1937, p. 1291) :
3. Ce n'est pas que je n'aime beaucoup la satire, mais en fixant l'œil du lecteur sur la figure grotesque de quelque ministre, le cœur de ce lecteur fait banqueroute à l'intérêt que je veux lui inspirer pour les autres personnages (...). Le lecteur est tout occupé à comparer mon portrait à l'original grotesque, ou même odieux, de lui bien connu.
STENDHAL, L. Leuwen, t. 2, 1835, p. 229.
Emploi subst. Ce grotesque, ce bourgeois ventru, mou et blême (ZOLA, Fortune Rougon, 1871, p. 289).
THÉÂTRE, vieilli. Danseur bouffon, qui fait des pas bizarres, des gestes outrés pour égayer les entractes de certaines pièces. Synon. clown. Semblable à l'un des grotesques du ballet de Gustave, il est marquis par derrière et vilain par devant (BALZAC, Mais. Nucingen, 1838, p. 593).
b) Subst. masc. sing. à valeur de neutre, littér. Catégorie esthétique caractérisée par le goût du bizarre et du bouffon poussé jusqu'au fantastique, à l'irréel. Synon. le burlesque, la charge; anton. le sublime :
4. Il est étrange que, parmi tant d'écrivains qui, dans leurs romans, ont voulu nous peindre leur siècle, il y en ait eu si peu qui soient sortis du cercle des mœurs libertines, et pas un qui ait entrepris d'être dans le genre du haut comique, ce qu'était Rabelais dans le grotesque et le bouffon.
MARMONTEL, Essai sur rom., 1799, p. 315.
2. [L'idée dominante est celle d'outrance et de ridicule]
a) Adj. Qui prête à la dérision par son côté outrancier et son mauvais goût. Synon. ridicule. Une exclamation grotesque d'écolier délivré : « Le ciel est mort » (MALLARMÉ, Corresp., 1864, p. 104). Un article aussi insolent et aussi grotesque (BLOY, Journal, 1896, p. 277).
Emploi subst. Eugène passait les soirées entières dans le salon jaune, écoutant religieusement ces grotesques que lui, Aristide, avait si impitoyablement raillés (ZOLA, Fortune Rougon, 1871, p. 83) :
5. Je parie qu'il va consulter des experts. À la rescousse toute la troupe des grotesques, Couard, Varinard, Belhomme, tous ceux qui ont découvert que l'écriture d'Esterhazy n'était pas d'Esterhazy. Paraissez, sinistres pantins!
CLEMENCEAU, Vers réparation, 1899, p. 274.
b) Subst. masc sing. à valeur de neutre. Ce qui offre un côté absurde et de mauvais goût. Synon. l'absurde, le ridicule. Des dialogues inouïs de grotesque et de bassesse (FLAUB., Corresp., 1875, p. 280). Avoir comme joie, comme adoration, comme espoir une réprouvée démente! Ce déshérité ne sentira jamais le grotesque ni l'indécent de son attachement (FRAPIÉ, Maternelle, 1904, p. 127).
REM. 1. Grotesquement, adv. rare. D'une manière grotesque. Synon. absurdement, burlesquement, ridiculement. a) [Correspond à B 1] Des imperméables qui font ressembler grotesquement ceux qui s'abritent dessous à des éléphants de mer venus sur la terre Adélie pour visiter sur des roulettes la métropole (Comment parlent les sportifs ds Vie Lang., 1952, p. 177). b) [Correspond à B 2] L'adultère est un crime Grotesquement ignoble à moins d'être sublime (AUGIER, Gabrielle, 1850, p. 412). 2. Grotesquerie, subst. fém., rare. Caractère de ce qui est grotesque. a) [Correspond à B 1] Les grotesqueries de costume, les disparates d'uniformes (...) de cette garde nationale (VERLAINE, Souv. et fantais., 1896, p. 303). b) [Correspond à B 2] L'idée du progrès (...) se dresse avec une (...) grotesquerie qui monte jusqu'à l'épouvantable (BAUDEL., Curios. esthét., 1855, p. 149).
Prononc. et Orth. : []. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1532 subst. crotesque « ornement capricieux » (Invent. de Florimond Robertet, p. 31 ds GAY : Une grande cuvette [...] où sont de ces gentilles crotesques nouvellement inventées, qui jettent miles fleurons à petits jambages tortus); 1540-50 grotesque « figure caricaturale ou fantastique » (L. DE LABORDE, Comptes des bâtiments du roi, t. I, p. 191 : pourtraits en façon de grotesque); 2. 1566 adj. (peinture) grotesque « (peinture) qui présente des ornements capricieux, des figures fantastiques » (ID., ibid., t. II, p. 127); d'où au fig. 1636 « qui provoque le rire par son extravagance » (CORNEILLE, L'illusion comique, III, 3 ds Œuvres, éd. ch. Marty-Laveaux, t. 2, p. 471 : Je ne suis pas d'humeur à rire tant de fois Du crotesque récit de vos rares exploits). Empr. à l'ital. grottesca, qui désigne une décoration murale très riche et fantaisiste née en Italie vers le milieu du XVe s., proprement « fresque de grotte », dér. de grotta (grotte) parce qu'elle s'inspirait des décorations de la Domus Aurea de Néron qui fut découverte par des fouilles archéologiques à l'époque de la Renaissance italienne (v. BATT.; cf. B. CELLINI, ibid. : Queste grottesche hanno acquistato questo nome dai moderni, per essersi trovate in certe caverne delle terra in Roma dagli studiosi); le subst. ital. prit au XVIe s. le sens de « peinture licencieuse et ridicule » (cf. VASARI, ibid.), d'où le sens péj. de l'adj. fr. La forme crotesque est due à l'infl. de cro(u)te (grotte). V. BL.-W.5; FEW t. 2, pp. 1384b-1385a; HOPE, pp. 200-201. Fréq. abs. littér. : 901. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 882, b) 2 127; XXe s. : a) 1 696, b) 918. Bbg. CAGNON (M.), SMITH (S.). Le Vocab. de l'archit. en France de 1500 à 1550. Cah. Lexicol. 1971, n° 19, p. 95. - HOPE 1971, p. 155, 200-201. - HOTIER (H.). Le Vocab. du cirque et du music-hall en France. Paris, p. 55. - KOHLM. 1901, p. 47. - MATORÉ (G.). En Marge de Théophile Gautier, notes lexicol. In : [Mél. Roques (M.)]. Paris, 1946, pp. 217-219. - QUEM. DDL t. 3 (s.v. grotesquement); 18. - WIND 1928, p. 4, 45, 121, 195.

grotesque [gʀɔtɛsk] n. et adj.
ÉTYM. 1532, crotesque; ital. grottesca, dér. de grotta « grotte », var. crotesque, d'après le moy. franç. crote, croute. → Grotte.
———
I N. m. ou (vieilli) f. Arts.
1 Ornements découverts aux XVe et XVIe siècles dans les ruines des monuments antiques italiens (ruines appelées grottes), et consistant en arabesques, rinceaux, sujets fantastiques peints ou sculptés en stuc.Par ext. || Les grotesques de Pinturicchio, de Raphaël, sujets ornementaux traités à l'imitation des grotesques antiques (→ ci-dessous, cit. 3.1).
1 L'étymologie de grotesque est grutta (sic), nom qu'on donnait aux chambres antiques mises à jour par les fouilles, et dont les murailles étaient couvertes d'animaux terminés par des feuillages, de chimères ailées, de génies sortant de la coupe des fleurs, de palais d'architecture bizarre, et de mille autre caprices et fantaisies.
Th. Gautier, les Grotesques, X.
2 Ces gracieuses fantaisies — sculptures en stuc ou peintures murales dans le goût des fresques de Pompéi —, introduites au Vatican par Pinturicchio dans la décoration des appartements des Borgia, puis par Raphaël, dans les Loges, furent plus tard acclimatées en France par les peintres italiens de l'École de Fontainebleau, et les ornemanistes français, depuis Du Cerceau jusqu'à Bérain, ont brodé sur ce thème d'infinies variations. Les grotesques se distinguent des arabesques, avec lesquelles on les confond souvent, par l'emploi de figures (…)
Louis Réau, Dict. d'art, art. Grotesques.
2 Figures fantasques, caricaturales. || Peintre de grotesques. || « (Un) cortège de grotesques chargées de figurer l'abâtardissement de l'art » (Goncourt, in T. L. F.). || « Des grotesques réparés et même complètement refaits » (Huysmans, l'Oblat). || Les grotesques gravées par Callot (→ Burlesque, cit. 2).
3 (…) différentes belles actions de la vie de saint Jean de Dieu, encadrées dans des grotesques et des fantaisies d'ornement qui dépassent ce que les monstres du Japon et les magots de la Chine ont de plus extravagant et de plus curieusement difforme.
Th. Gautier, Voyage en Espagne, p. 180.
REM. Dès le XVIe siècle, le mot (sous la forme crotesque) a des valeurs métaphoriques, comme l'atteste ce passage de Montaigne, parlant de la composition des Essais :
3.1 Il (le peintre) choisit le plus bel endroit et milieu de chaque paroy, pour y loger un tableau élabouré de toute sa suffisance; et, le vuide tout au tour, il le remplit de crotesques, qui sont peintures fantasques, n'ayant grâce qu'en la varieté et estrangeté. Que sont-ce icy aussi, à la verité, que crotesques et corps monstrueux, rappiecez de divers membres, sans certaine figure, n'ayants ordre, suite ny proportion que fortuite ?
Montaigne, Essais, I, 28, De l'amitié.
———
II Adj. et n.
1 (1566). Vx. || Peinture grotesque, de grotesques (I., 2.). || Boiseries, ornements grotesques.
2 (1636, Corneille; Saint-Amant [→ Égueuler, cit. 1] s'était offert à faire les « termes grotesques » pour le dict. de l'Académie). Cour. Risible par son apparence bizarre, caricaturale. Bizarre, bouffon, burlesque, caricatural, comique, extraordinaire, extravagant, 2. falot (vx), ridicule, risible. || Personnage, figure, allure grotesque. Carême-prenant (vx), carnaval (fig.); → Écorcher, cit. 12; écumant, cit. 3. || Un grotesque fantoche (→ Épater, cit. 5). || Accoutrement grotesque. || Scène grotesque (→ Contempler, cit. 4). || Contraste grotesque. || Caricature, charge, farce grotesque. || Un grotesque sonnet (→ 2. Égueuler [s'], cit. 1). || Intentions grotesques (→ Effet, cit. 32).
4 (…) Les plus grotesques aventures
De Don Quichotte en bel arroi.
Saint-Amant, la Chambre du débauché, p. 63.
5 (…) qu'y a-t-il de plus propre à exciter le rire que de voir une chose aussi grave que la morale chrétienne remplie d'imaginations aussi grotesques que les vôtres ?
Pascal, les Provinciales, XI.
6 (…) des arbres aquatiques dépouillés de feuilles, dont les troncs rabougris, les têtes énormes et chenues, élevées au-dessus des roseaux et des broussailles, ressemblaient à des marmousets grotesques.
Balzac, les Chouans, Pl., t. VII, p. 885.
7 Et moitié courant, et moitié faisant la roue, le grotesque personnage vêtu d'une souquenille couleur caca d'oie aux arabesques noires, et découpée en dents de scie, arrivait au bord de l'eau.
Ed. de Goncourt, les Frères Zemganno, I.
8 Ce sont ces rôles que j'aurais aimé jouer, les rôles comiques, même un tantinet grotesques (…)
Paul Léautaud, le Théâtre de M. Boissard, XXVIII.
Ridicule, qui prête à rire (sans idée de bizarrerie). → Commun, cit. 20. || Une histoire banale et grotesque.
9 (…) ces scènes qui avaient été touchantes, et qui, de ce fait, tendaient simplement à devenir grotesques.
Aragon, les Beaux Quartiers, I, XI.
10 Je vous assure que cette conversation est inconvenante entre nous, Ariane (…) Cela frise le mélo maintenant. Je me sens grotesque. Arrêtons-nous ! Le ridicule me donne un malaise physique insupportable !
J. Anouilh, Ornifle…, II, p. 89.
3 N. Vieilli. a Personne grotesque. || Cet homme est un grotesque (Académie). || Une grotesque. || Les grotesques politiques (→ Fantoche, cit. 2).Vx. Bouffon.
11 C'est (…) un poète, et le grotesque du genre humain.
Montesquieu, Lettres persanes, XLVIII.
11.1 Quant au quarteron de grotesques spécialisés en ethnologie sud-américaine, parlons-en !
Jean-Louis Curtis, le Roseau pensant, p. 328.
b Les Grotesques, ouvrage de critique littéraire de Th. Gautier, dans lequel il entend réhabiliter « les difformités littéraires (…) les déviations poétiques », et, spécialt, les auteurs français de tendance réaliste, satirique, burlesque ou libertine du début du XVIIe siècle, correspondant à l'esthétique baroque.
12 Avec eux (les réalistes) s'annonce ce large courant, d'orientation si contraire au classicisme, auquel pourtant le classicisme ne craindra pas de puiser. Plus tard (…) eux-mêmes et leurs successeurs feront figure d'« irréguliers », un peu de victimes. Idéalisés, ils se pareront d'une sorte d'auréole romantique : ainsi dans Les Grotesques de Th. Gautier, ou dans le Cyrano de Rostand.
Jasinski, Hist. de la littérature franç., t. I, p. 279.
4 N. m. Ce qui est grotesque, le genre grotesque. || Il est d'un grotesque achevé.
Arts, littér. Le comique de caricature poussé jusqu'au fantastique, à l'irréel. || Les romantiques firent du grotesque un des éléments essentiels de l'art. || L'alliance du grotesque et du sublime fut longtemps critiquée par les tenants du classicisme. || Le grotesque et le charmant (→ Fertilité, cit. 4).
13 Le grotesque antique est timide, et cherche toujours à se cacher (…) Dans la pensée des modernes, au contraire, le grotesque a un rôle immense. Il y est partout; d'une part, il crée le difforme et l'horrible; de l'autre, le comique et le bouffon (…) le grotesque est, selon nous, la plus riche source que la nature puisse ouvrir à l'art.
Hugo, Préface de Cromwell (→ Drame, cit. 5).
14 (…) le grotesque, cet élément indispensable que des esprits étroits et minutieux ont voulu rejeter du domaine de l'art, abonde chez lui (Saint-Amant) à chaque vers, et se tortille au bout des rimes aussi capricieusement que les guivres et les tarasques au bout des gouttières gothiques (…)
Th. Gautier, les Grotesques, V.
15 Le comique est, au point de vue artistique, une imitation; le grotesque une création (…) le rire causé par le grotesque a en soi quelque chose de profond, d'axiomatique et de primitif qui se rapproche beaucoup plus de la vie innocente et de la joie absolue que le rire causé par le comique de mœurs (…) J'appellerai désormais le grotesque comique absolu (…)
Baudelaire, Curiosités esthétiques, De l'essence du rire, V.
16 Le mélange du grotesque et du tragique est agréable à l'esprit, comme les discordances aux oreilles blasées.
Baudelaire, Journaux intimes, Fusées, XVIII.
17 Il ne faut pas mêler le sublime au grotesque.
Littré, Dict., art. Grotesques.
18 (…) le comique de caricature ou grotesque, dont les origines remontent à l'Antiquité, qui avait fleuri au moyen âge, et dont la tradition se développe largement à partir de la Renaissance (…) Alors que le grotesque, par libre fantaisie, pousse la caricature jusqu'à l'irréalité, le burlesque (…) se tient dans la réalité vulgaire (…)
Jasinski, Hist. de la littérature franç., t. I, p. 262.
CONTR. Commun, habituel, normal, ordinaire; correct, sérieux. — Émouvant, sublime.
DÉR. Grotesquement, grotesquerie.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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